Spectacle 2009

Piano Grégoire Baumberger - Metteur en scène et chorégraphe Claudine Allegra - Lumières Jacques Rouveyrollis

Note d'intention - Histoire du programme - Présentation en Anglais

Ouverture (François Rauber)
Aleko (A. Pouchkine / Serge Rachmaninov)
air de Zemphira, extrait d’ « Aleko »
Hobbies de Famille (Isabelle Mayereau / Marie-paule Belle)
arrangement Jérôme Charles
Tu m’as dit (François Morel / Roland Vincent)
arrangement Jérôme Charles
Jardin secret (Isabelle Mayereau / Marie-paule Belle)
arrangement François Rauber
Lulu (Frank Thomas / Reinhardt Wagner)
arrangement Damien Nédonchelle
Les prunes (Jean-jacques Sempé)
arrangement François Rauber
Je vous ai reconnu (François Morel / Reinhardt Wagner)
arrangement Jérôme Charles
Un Rien (G. Rossini)
Il faut passer le temps (Jacques Prévert)
L’orgueil (Pierre Dumayet / Raymond Gallois-Montbrun)
Le petit René (J. Nohain / F. Poulenc)
La chanson du bébé (G. Rossini)
Toccata (Pierre-Max Dubois)
36°dessous (Roland Topor / Reinhardt Wagner)
arrangement François Rauber
J’ai un sourire à te donner (Georges Moustaki / François Rauber)
Sacha (François Rauber)
Vertu vertuose (Philippe Decamp / Frédéric Chopin)
Dans ma baignoire (Michel Rive-Gauche / Claude Bolling)
arrangement Damien Nédonchelle
Ah ! je veux vivre (J. Barbier et M. Carré / Charles Gounod)
air de Juliette, extrait de « Roméo et Juliette »
Il m’aimait tant (Apouchtin / Tchaïkovski)
Ô casseroles, ô faussets (Juliette Noureddine
Le civet à toute vitesse (Emile Dumont / Leonard Bernstein)
Non, non, je ne veux pas chanter (Nicolo Isouard)
extrait du « billet de loterie »

GREGOIRE BAUMBERGER, pianiste

Né le 23 juin 1973 à Boulogne-Billancourt, Grégoire Baumberger décroche d’abord son baccalauréat C avec mention très bien.

Il entame alors un cursus musical brillant, essentiellement au Conservatoire de Versailles, au Conservatoire National de Région de la rue de Madrid, et à Bruxelles. Il y obtient nombre de premiers prix et de médailles d’or, ainsi que la Médaille du Gouvernement belge.

Les professeurs, dont il suit l’enseignement et le perfectionnement, imposent le respect, notamment Jean Martin et Abdel-Rahman El Bacha qu’il côtoie toujours.

A cette formation pianistique, s’ajoute l’harmonie et l’écriture (Premier prix avec félicitation du jury dans la classe d’Isabelle Duha), sans compter des cours de direction d’orchestre à l’Ecole Normale de Musique de Paris.

Aujourd’hui, professeur aux conservatoires de Dreux et Nonancourt (Normandie), il nourrit son activité d’enseignement par des collaborations avec de grands maîtres, notamment Jean Martin dont il a été l’assistant lors des rencontres du Mont Dore.

Bref, Grégoire Baumberger est un musicien aux curiosités très diversifiées. Terminant l’enregistrement d’œuvres de Beethoven et Rachmaninoff, il se produit régulièrement dans des concerts « classiques », en récitals ou en musique de chambre (notamment Bruxelles, Zurich et Zagreb). Il aime tout autant ouvrir ses horizons esthétiques par des collaborations originales, notamment cet hiver lors d’un spectacle avec Anne Baquet, à Paris et à Montreux.

 

CLAUDINE ALLEGRA, Chorégraphe, Metteur en scène

Claudine Allegra a suivi une formation classique auprès de Nora Kiss, Tatiana Grantzeva et Raymon Franchetti. Premier prix de chorégraphie (à l’unanimité du juy) au concours de Bagnolet en 1974 pour « A Ludwig », elle a également obtenu, en 1992, le prix Charles Oulmont, et en 1996 un premier prix de chorégraphie pour « Entrez dans la danse », créé sur une musique de Paganini pour le CNR de Cergy-Pontoise.

Maître de ballet et chorégraphe au Grand Ballet Classique de France dirigé par Liane Daydé et Claude Giraud, elle a également créé la classe de danse classique à la Schola Cantorum de Paris où elle a enseigné.

Outre sa participation à de nombreuses réalisations théâtrales et cinématographiques (avec Maurice Baquet, Robert Fortune, Coline Serreau …), elle a créé en 1989 la Compagnie « Allégra Namont » avec Muriel Belmondo, Marine Clary, Stéphanie White et Jacques Namont. Elle vient de régler la chorégraphie du nouveau spectacle d’Anne Baquet.

Principales créations :
« Un poco piu ma non roppo » pour le ballet théâtre contemporain dirigé par Jean-Albert Cartier, représenté au théâtre de la Ville de Paris ;
« Le sextuor de St-Saëns » et « Petite à Petit » pour V. Ullate et le ballet classique de Madrid ;
« La vie parisienne » au théâtre du Chatelet à Paris (mise en scène d’Yves Robert) ;
« Bach and Gould » et « Berlingot » pour les solistes de l’Opéra de paris ;
« La revue de cuisine » de Martinu pour le jeune ballet de France ;
« Paganinettes » au Centre Georges Pompidou à Paris avec Muriel Belmondo et M. Clary ;
« Voyez comme on danse », création pour le conservatoire national supérieur de région de Paris, représenté au théâtre de la Ville de Paris ;
« Scuola di ballo » pour le Palais des Congrès de Marseille ;
Différents solos pour Patrice Bart, Elisabeth Maurin, jacques Namont, Viviane Descoutures, Ghislaine Fallou, Eric Quilleré … de l’Opéra de Paris.

Note d'intention

Après avoir réalisé mon premier spectacle « J’aurais voulu dev’nir chanteuse », répertoire allant de Bach à Bernstein, j’ai désiré reproduire la même diversité mais avec des créations.
Je me suis donc adressée à différents auteurs et compositeurs, tous reconnus dans leur domaine, mais de styles très différents ; le parti pris étant le mélange musical.

Des auteurs aussi variés que François Morel, Juliette, René de Obaldia, Anne Sylvestre, Victor Haïm, Jean-Jacques Sempé - le dessinateur -, Frank Thomas (auteur de Michel Jonasz entre autres), Georges Moustaki, Isabelle Mayereau, ou encore Eric-Emmanuel Schmitt…
ont accepté d’écrire et d’être mis en musique par des compositeurs tels que :
Roland Vincent (compositeur de Michel Delpech et Claude François par exemple), François Rauber (arrangeur de Jacques Brel, Juliette Gréco, Anne Sylvestre…), Claude Bolling (compositeur de jazz), Reinhardt Wagner (compositeur de Roland Topor et de musiques de films), Thierry Escaich (compositeur contemporain), mais aussi Jérôme Charles, Marie-Paule Belle, Juliette… et bien d’autres.
Tout cela entouré de mélodies de Rachmaninov, Chopin, Bernstein…

Le répertoire a été intégralement écrit et pensé pour voix et piano. La qualité des arrangements de Jérôme Charles et François Rauber, ainsi que l’interprétation de Grégoire Baumberger, Le « partenaire-pianiste », amènent, par magie, soit un orchestre symphonique, soit la solitude d’un piano-bar.
Les chorégraphies de Claudine Allegra attirent le public dans un spectacle hors du temps, loin des univers « modés » et démodés. Ce voyage plein d’esprit, d’humour et de poésie, où le public passe allègrement d’une mélodie vocale à un piano 4 mains farfelu, ou d’une chanson humoristique à un pas de danse, nous montre que tout ce qui est généreux et sensible se mélange bien…

Anne Baquet


Histoire du programme

Ouverture (François Rauber)

Pour beaucoup, les deux moments les plus importants du spectacle, sont le début et la fin.
Pour le reste, comme dirait Jouvet, tu articules et tu regardes le lustre.
Claudine Allegra, la metteur en scène, est avant tout chorégraphe ; Tout ce qui est mouvement l’inspire et l’amuse. C’est elle qui a eu l’idée du taffetas rouge avec le désemballage du piano et « mon emballage ». Pour que ce mouvement prenne toute sa magie, il nous fallait une musique qui fasse « ouverture ». Comme j’avais la chance de travailler avec François Rauber, qu’il fait partie du petit nombre de compositeur qui voyage entre classique et variété et que ses œuvres pour piano remplacent à elles seules un orchestre, j’en ai profité pour la lui demander.
Et comme je vous parle de François Rauber, qui est aussi arrangeur, j’aimerais dès maintenant vous parler de cette profession peu connue. Je les appelle les magiciens, ils font un travail d’orfèvre. Ce métier est encore bien ignoré du grand public mais au combien capital et indispensable à la finition, l’agencement et parfois même la composition d’une œuvre. Ils se nomment « Arrangeur ». Alors Merci à François Rauber, un des princes de l’arrangement et de l’écriture pour piano. Merci à Jérôme Charles, que j’ai rencontré grâce à Gabriel Yared, et qui sait amener son univers avec talent, générosité et flexibilité. Et Merci à Damien Nédonchelle, partenaire de scène pendant dix ans, de m’avoir autant apporté musicalement.

Aleko (A.Pouchkine / Serge Rachmaninov) air de Zemphira, extrait de l’opéra « Aleko »

Ma mère est d’origine russe. Cela m’a permis, à la fin de mes études, de passer plusieurs années en Russie. J’y ai appris le chant. Le Russe est donc ma première langue chantée.
J’ai toujours aimé ces mélodies. Cela me rappelle toutes ces belles années. Il me semblait naturel de commencer mon spectacle par cette œuvre de jeunesse peu connue.

Hobbies de Famille (Isabelle Mayereau / Marie-Paule Belle) arrangement Jérôme Charles

Nous étions avec Meriem Menant (Emma la clown) en train de travailler sur un projet quand la famille fut le sujet d’une improvisation. Elle me lança : « Qu’est-ce que lit ta belle-mère ? » Je lui dis : « La plaïade ! ».
Nous sommes arrivés chez Marie-Paule Belle, où Isabelle Mayereau nous avait rejoint. On en parla et nous avons beaucoup ri (comme toujours avec elles). Elles me dirent « je crois qu’on va s’amuser ».
Quelques jours plus tard, la chanson Hobbies de famille était née.

Tu m’as dit (François Morel / Roland Vincent) arrangement Jérôme Charles

J’aime beaucoup l’univers de François Morel. Quand j’ai voulu faire un spectacle de « créations » et que je cherchais des auteurs, il fut l’un des premiers que j’ai contacté. On se connaissait un peu, et très rapidement, il m’a envoyé des textes. Je dois en avoir une dizaine aujourd’hui qui sont toutes aussi belles et touchantes.
Aimant les rencontres improbables, j’ai proposé à Roland Vincent (le roi des tubes avec Claude François, Michel Delpech …) de faire la musique. Je savais que cela marcherait.

Jardin secret (Isabelle Mayereau / Marie-paule Belle) arrangement François Rauber

J’ai invité Marie-Paule Belle à mon premier spectacle « J’aurai voulu dev’nir chanteuse » répertoire allant de Bach à Bernstein. J’avais depuis très longtemps envie de rencontrer cette femme pleine de talent, de générosité et de gentillesse.
Depuis elle m’a mijoté plusieurs chansons, que ce soit avec Françoise Mallet-Joris, Michel Grisolia ou Isabelle Mayereau. Jardin secret est la première qu’elle m’ait écrite. Isabelle me mettant dans la peau d’une serial killer et Marie-Paule dans celle d’une mozartienne. Je me régale à chaque fois que je l’interprète; il n’y a pas un spectacle où je ne l’ai pas chanté.

Lulu (Frank Thomas / Reinhardt Wagner) arrangement Damien Nédonchelle

Frank Thomas fait partie des auteurs de chansons les plus prolifiques. C’est grâce à Reinhardt Wagner, ami compositeur, que j’ai rencontré ce génie des mots. Lulu est une des premières chansons que j’ai reçue de Franck, elle représente tout à fait la tendresse qu’il y a en lui. Reinhardt, notre ami commun, l’a mise en musique ; et je la chante régulièrement.
Damien Nédonchelle, mon partenaire de scène de l’époque et pianiste virtuose, m’avait avoué qu’il avait commencé par l’accordéon quand il était enfant. La chanson se prêtant si bien à cet univers, il accepta de le rechausser. Tous les réflexes sont revenus, comme quoi l’accordéon, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie jamais.
La difficulté fut pour Grégoire car il n’en avait jamais touché de sa vie. Il a donc dû, en un mois, faire connaissance avec cet instrument. Il s’en ait sacrément bien sorti.

Les prunes (Jean-jacques Sempé) arrangement François Rauber

Me retrouver dans l’atelier de Jean-Jacques Sempé fut un grand bonheur. Enfant, je dévorais les albums de dessinateurs, français ou américains ; Jean-Jacques en faisait partie. J’aime la finesse de ses dessins et suis toujours impressionné par la subtilité de ses légendes.
Grâce à mon père, qui le connaissait, et à Martine Gossiaux, j’ai pu lui parler de mes projets. Il m’a d’abord fait une superbe affiche pour mon premier spectacle, puis trois textes écrits de sa blanche main et une nouvelle affiche pour mon second spectacle. Jean-Jacques n’avait jamais écrit de chanson et n’en a pas fait d’autre depuis ; j’ai été très gâté. Et pour tout vous dire, j’ai toujours pensé que la petite blonde des Prunes… c’était moi.
Pour la musique, il me proposa quelques notes pour le premier couplet. François Rauber fit le reste en un tour de magie.

Je vous ai reconnu (François Morel / Reinhardt Wagner) arrangement Jérôme Charles

Comme dans Tu m’as dit, François Morel nous raconte dans Je vous ai reconnu l’histoire d’une femme seule. Dans la première, elle regrette sa solitude ; dans la seconde, elle la comprend. J’ai toujours aimé l’écriture très personnelle de François. Lorsque je la lis, j’ai l’impression d’être au cinéma. Il a un style très « cinématographique » et je vous ai reconnu en est le meilleur exemple.
Mon quatrième spectacle a été mis en scène par Jean-Luc Tardieu, grand homme de théâtre. Il m’a beaucoup apporté dans le domaine de l’interprétation de chanson comme celle de François. A chaque fois que je la chante, je pense à son travail.
Pour ce qui est de la musique, j’ai envoyé le texte à Reinhardt Wagner qui a toujours le sens de la mélodie, ça l’a tout de suite inspiré. Depuis François et Reinhardt sont partenaires de scène.

Un Rien (Gioacchino Rossini)

Dans tous mes spectacles, il y a une partie visuelle. Nous en parlons avec Claudine Allegra, chorégraphe pleine d’humour et de talent. Claudine sait exactement ce qu’il me faut, elle me connaît depuis des années. J’ai pris mes premiers cours de danse avec elle, comme professeur. Je venais, après l’école, déjeuner et avant le cours de danse, nous mangions du camembert avec un verre de vin rouge (je vous rassure, j’avais quinze ans). Claudine AIME la musique. Nous passons des après-midi à écouter ce qu’elle a sélectionné. Nous tombons souvent d’accord.
Chez elle, tout est pensé et réfléchit. Pas de place à l’improvisation. Elle a cette faculté de s’adapter à la personne avec qui elle travaille. Ce pas de deux a été créé avec Damien Nédonchelle, puis repris par Grégoire Baumberger. Tous les deux n’ont jamais pris un seul cours de danse, mais Claudie fait toujours des miracles. La moindre de ces idées me ravie (le taffetas rouge de l’Ouverture, la fleur de Jardin secret …) ; c’est drôle, c’est fin, ça se mange sans faim.

Il faut passer le temps (Jacques Prévert)

Jacques Prévert, je ne l’ai pas connu, mais mon père me parlait beaucoup de lui alors il fait partie de ma vie. Pierre, le frère de Jacques, venait souvent à la maison, et maintenant je vois Catherine, la fille de Pierre, qui est un peu ma seconde sœur.
Lire Prévert me met en joie. C’est mon père qui m’a conseillé de prendre il faut passer le temps dans mon premier spectacle. Il avait raison, je m’amuse beaucoup. Pour la gestuelle, c’est Claudine qui me l’a chorégraphiée.

L’orgueil (Pierre Dumayet / Raymond Gallois-Montbrun)

Je ne connaissais pas les 7 péchés capitaux de Pierre Dumayet et Raymond Gallois-Montbrun quand Colette Lequien (grand professeur d’alto au CNSM) m’en a parlé. Ce fut une belle découverte et j’ai choisi L’orgueil.
Comme la partie piano paraissait simple, je me suis dit que la jouer soi-même correspondrait bien à la chanson. Je le fais, mais m’en mords les doigts à chaque représentation car chanter et jouer du Gallois-Montbrun en même temps, n’est pas chose aisée.

Le petit René (Jean Nohain / Francis Poulenc)

Le premier spectacle n’est pas forcément le plus abouti mais il est souvent insouciant et enthousiaste. C’est Pierre Trocellier qui a eu le courage de m’accompagner sur cette première aventure. En plus, il y chantait Le petit René, chanson que j’avais dénichée au hasard de mes recherches à la Bibliothèque Nationale. La réunion de Francis Poulenc et Jean Nohain est très réussie. À quand une musique de Pascal Dusapin sur un texte de Michel Drucker ?
Comme d’habitude, c’est Grégoire qui a dû prendre son courage a deux mains, et reprendre Le petit René.

La chanson du bébé (Gioacchino Rossini)

Ça, l’idée est de MOA !!! Je voulais depuis longtemps faire quelque chose avec les cordes du piano, mais comment ? Pourquoi avoir choisi Rossini ? Pourquoi avoir choisi La chanson du bébé ? Je ne le sais pas … Mais en faisant appel à Philippe Decamp (ami et percussionniste à la Garde Républicaine) tout est devenu clair. Ce fut en fait assez rapide. La rythmique que me proposa Philippe se plaça toute seule (du moins avec lui, moi, ça m’a demandé un peu de rodage).

Toccata (Pierre-Max Dubois)

Bien sûr, j’ai été bercé par le spectacle de mon père. Parfois il y changeait légèrement son contenu, il le respirait selon ses envies. Sur les dernières années Christopher Beckett, le partenaire pianiste de mon père, y jouait deux morceaux en solo ; la toccata de Serge Prokofiev et la toccata de Pierre-Max Dubois. Christopher m’a toujours fait rêver en interprétant ces deux morceaux.
Comme le grand public ne connaît pas bien l’œuvre de Pierre Max-Dubois, compositeur français et professeur au CNSM, j’ai choisi de me faire plaisir en demandant à Grégoire de l’interpréter chaque soir.

36°dessous (Roland Topor / Reinhardt Wagner) arrangement François Rauber

Reinhardt Wagner a accepté de faire plusieurs musiques pour moi, sur des textes de Franck Thomas ou François Morel. Comme nous nous entendons bien, il m’a fait découvrir différents textes de son ami Roland Topor, textes qu’il avait mis en musique. J’en ai chanté trois : La mal-aimée, histoire d’une femme quittée par son chimpanzé, Show business parlant du métier d’artiste et 36° dessous de la télé somnifère. Le choix fut difficile.

J’ai un sourire à te donner (Georges Moustaki / François Rauber)

Cette mélodie me tient à cœur. Geoges Moustaki m’a fait parvenir des textes, via François Rauber (ils venaient de faire un disque ensemble). Je fus très touché, j’en choisis un et demanda à Georges quel compositeur désirait-il. « François Rauber » me dit-il. Je fus ravie car je l’espérais. François est un musicien qui aime le texte. Il est au service du texte. Il sait mettre en valeur chaque idée, chaque inspiration sans tomber dans le pléonasme. La rencontre Moustaki-Rauber fut telle que je l’avais imaginée. Il y a une osmose parfaite entre la poésie du texte et la musique, que ce soit dans la version piano du concert ou dans la version orchestre que vous trouverez dans « Baquet Cadeau » du DVD.

Sacha (François Rauber)

Je voulais jouer un piano quatre mains « chorégraphié », mais comment trouver une musique à la fois originale et simple à jouer. Une fois de plus François Rauber m’apporta la solution et me concocta du sur mesure. Il composa une œuvre où les deux pianistes inter changeaient leur place. Et Claudine fit le reste.
J’ai toujours un réel plaisir à interpréter ce morceau. Il est à la fois drôle et poétique, de plus il réunit deux personnes qui m’ont beaucoup apporté, François Rauber pour la musique et Claudine Allegra pour la chorégraphie.
Et pourquoi le titre de Sacha ? Je venais d’avoir un garçon au doux prénom de Sacha.

Vertu vertuose (Philippe Decamp / Frédéric Chopin)

Depuis ma plus petite enfance, j’ai une grande admiration pour Barbara Streisand. Ses premiers disques (années soixante) sont d’une perfection rare. Parmi ses différents titres, il y en avait un où elle chantait sur cette valse de Chopin en anglais. J’ai toujours rêvé faire de même. J’ai cherché une autre musique mais elle ne s’y prêtait pas aussi bien. J’ai donc repris cette valse en voulant y mettre un autre texte. J’ai envoyé la musique aux auteurs qui me semblaient prédisposés à ce genre d’exercice, mais ce ne fut pas aussi simple. Beaucoup ont pris peur, car sans avoir une solide formation musicale, il est très difficile de mettre un texte cohérant sur ce rythme si particulier.
J’ai donc pensé à Philippe Decamp, mon ami percussionniste, qui aime beaucoup écrire. Il s’est avéré l’homme de la situation. En quelques jours la chanson fut faite.
Pour ma part, il m’a fallu plusieurs semaines pour l’ingurgiter. J’avoue que je suis assez contente du résultat.

Dans ma baignoire (Michel Rivegauche / Claude Bolling) arrangement Damien Nédonchelle

Claude et Irène Bolling sont des amis de longue date de mes parents. Ils sont venus voir mon spectacle puis je suis allée chez eux. Claude m’a sorti plein de musiques et je suis tombée sur Dans ma baignoire, chanson qu’il avait écrite avec Michel Rivegauche, il y a quelques années.
Damien Nédonchelle, mon partenaire pianiste à l’époque (excellent jazzman) en a fait un véritable petit bijou.

Ah ! je veux vivre (J. Barbier et M. Carré / Charles Gounod)
air de Juliette, extrait de « Roméo et Juliette »

J’ai eu l’idée d’aborder une œuvre dite lyrique, d’en faire comprendre toute la difficulté tout en m’en amusant. J’avais hésité avec l’Air des bijoux (Faust) mais c’est Meriem Menant (Emma la Clown), avec qui je travaillais à l’époque, qui m’a conseillé de prendre Juliette et non Marguerite.
Nous sommes partis sur un numéro de clown mais je voulais en garder la rigueur musicale. On s’est bien amusé. Au fil du temps et des représentations, j’ai pu faire évoluer cet air. Il s’est avéré que ce morceau est presque un dialogue avec le public. Plus il rentre dans l’univers de cette chanteuse qui a peur de ne pouvoir sortir « sa note », plus je lui montre la satisfaction qu’à mon personnage de pouvoir finalement sortir « sa note ». C’est toujours avec interrogation que j’aborde ce moment, comment le public va-t-il réagir ?

Le secret (René de Obaldia / Gérard Calvi)

J’ai eu le plaisir d’interpréter deux textes de René de Obalia, Dans la marmite ça ronronne mis en musique par Jérôme Charles et Le secret ; Toutes deux issues des Innocentines. C’est toujours un plaisir de chanter l’univers faussement enfantin d’Obaldia. Gérard Calvi, Prix de Rome, qui m’a bercé dans mon enfance par les disques des Branquignols, a écrit une musique pleine de poésie.
Le secret est un pur moment de magie. C’est extrêmement rare quand la musique et le texte baignent dans une telle harmonie.

Ô casseroles, ô faussets (Juliette Noureddine)

Juliette est venue me voir un soir au théâtre du Renard où je faisais mon récital. On se connaissait déjà, je la suis depuis des années et l’admire beaucoup. A la fin du spectacle, elle s’approche de moi et me dit « il faut que je t’écrive une chanson où tu chantes faux ! ». Ce fut chose faite. Merci Juliette.
Trouvant la chanson très réussie, elle l’enregistra par la suite sur son dernier album.

Le civet à toute vitesse (Emile Dumont / Leonard Bernstein)

Je voue une admiration sans borne pour Léonard Bernstein.
Quand j’ai découvert ses quatre recettes de cuisine (toutes écrites en français), je n’ai pas hésité un seul instant.
Le civet à toute vitesse fait partie des chansons avec lesquelles j’ai commencé mon premier récital, il y a maintenant plus de dix ans (1997). Je ne m’en lasse pas et suis toujours en appétit avant de la chanter.

Non, non, je ne veux pas chanter (Nicolo Isouard) extrait du « billet de loterie »

C’est Jeanne Dubois, comédienne chanteuse de talent, et avec qui je prenais des cours, qui m’a un jour apporté cette merveille. Elle pensait qu’elle me correspondait bien, et je l’en remercie.
Je l’ai inauguré lors de mon troisième spectacle en solo, et depuis, je ne quitte plus cet air qui ponctue ironiquement mon spectacle : Non, non je ne veux pas chanter.

DESCRIPTION OF PROJECT

This show is based on a large scope of music and melodies, as my first show "I wanted to become a singer" was, from Bach to Bernstein and including new creations. I then asked well known authors and composers, composing in differentr styles. We wanted to diversify the musics. This project called ‘No, I don’t want to sing !’) has been created in 2009 at the Ranelagh Theater in Paris and successfully payed at the Avignon Festival in 2010 and 2011. I am currently still on tour with more than 250 performances.

Authors as different as François Morel, Juliette, René de Obaldia, Anne Sylvestre, Victor Haim (French Theater Awards’ best author, 2003), Jean-Jacques Sempé (designer, New Yorker’s first page, ‘Petit Nicolas’...), Frank Thomas (nominated for an Oscar for Best Song in 2009), Georges Moustaki (author of "Milord" for Edith Piaf), Isabelle Mayereau, or Eric-Emmanuel Schmitt (author of bestselling novels) ...
agreed to write and be set to music by composers such as:
François Rauber (Jacques Brel & Juliette Greco’s arranger), Claude Bolling (jazz composer), Thierry Escaich (Composer, classical music Awards 2003, 2006, 2011), Reinhardt Wagner (nominated for an Oscar for the Best Song in 2009) Roland Vincent (Claude François’ song writer), as well as Jerome Charles, Marie-Paule Belle Juliette ... and many others.
All this surrounded by melodies from Rachmaninoff, Chopin, Bernstein ...

Uniqueness/Importance of this show: this show is unique. It has been written and created for a voice such as Anne Baquet has and a piano. The musical arrangements made by Jérôme Charles and François Rauber, as the performance of Damien Nedonchelle, the ‘pianist-partner’ magically lead either to a symphonic orchestra or the loneliness of a piano bar.

The choreography of Claudine Allegra attract the public in an ‘out of time’ show, typically "Gai Paris", far away from any instant fashion.. This journey full of intelligence, joy and poetry, where the public goes blithely from a vocal melody to a wacky 4 hands piano, from humorous songs to dance steps, shows us that anything which is generous and sensitive always make a good mix ...

Who will benefit from the project: a broad audience (9 to 99 y.o.) which does not even need to be English speakers, as mostly but the staging of the show are accompanied by visuals which are understandable by all. Any public who likes or wants to discover various kinds of music will be fully happy.

Anne Baquet








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